Le Salon du livre de Montréal ouvert sur le XXIe siècle. Vraiment?

Dans le Cahier spécial du Salon du livre de La Presse, qui est également le programme officiel du Salon, on nous invite à une fête, celle du livre qui s’ouvre sur le XXIe siècle, mais le ton n’est pas réjouissant. Quand j’ai eu connaissance du thème de cette année, il y a plusieurs semaines, j’étais ravi. Nous vivons actuellement une révolution majeure dans le secteur du livre, comme dans le secteur culturel et médiatique; que le Salon de Montréal décide de faire de ces enjeux de notre société le thème central allait de soi.

Par contre, la fête à laquelle on convie la population des amateurs de livres aura-t-elle lieu? La seule mention de la présidente d’honneur, Mireille Deyglun, est d’opposer les médias sociaux aux contacts humains, de qualifier Twitter de superficiel. Sur le site du Salon, aucune mention du livre numérique et de ces enjeux actuels. Le Livre de l’intérieur.

Qu’il s’agisse de sophisme ou d’ignorance, Internet et les technologies de l’information ne se limitent pas à Facebook et Twitter. Ces outils de communications ne s’opposent pas aux livres, au contraire. Ils ne sont pas non plus antinomiques des « vraies » relations humaines. J’y reviens plus loin.

D’autre part, le texte de Nicolas Langelier, Être de son siècle sans perdre sa raison d’être,  présente le thème du Salon avec tant de craintes qu’on se demande si le livre est réellement ouvert sur le XXIe siècle. Comme Le Salon présente pour la première fois le livre numérique, il aurait été de bon aloi d’avoir un peu plus d’enthousiasme et de mettre la table sur les enjeux en les présentant, de faire oeuvre d’éducation et de promouvoir le livre sous toutes ses formes.

L’article de Langelier est pertinent et soulève des craintes et mises en garde certainement légitimes, mais est-ce que le programme officiel du Salon en est le meilleur véhicule pour le faire, d’autant qu’il n’y a pas de contre-poids. Encore là, opposer l’idée du livre comme espace de silence et de réflexion aux bruits des technologies de communications me semble court. Ce n’est-ce pas un peu rabat-joie que de présenter le livre numérique de cette façon, alors que le public s’apprête à s’y initier?

La réponse de certains invités d’honneurs rachète ce manque d’enthousiasme, particulièrement celles de Michel Folco, Jean-Jacques Pelletier et Maxime Roussy.

Les Médias sociaux, les relations humaines et le livre.

  • Médias sociaux et relations humaines :

Premièrement, Internet ne se résume pas à Facebook et Twitter, et ne se définit pas non plus exclusivement par l’instantanéité, les médias sociaux sont également les plus grands promoteurs d’événements et de rencontres.

Twitter est un média de l’immédiat, au même titre qu’une conversation téléphonique, mais dans un espace public. Les médias sociaux, en l’occurrence Twitter, mettent en relations les intervenants influents et les producteurs de contenus et servent à appuyer l’action par la discussion de problèmes et d’échanges. Ils sont, notamment, très utiles dans la transmission de contenu, de billets de blogues, d’hyperlien vers des articles, c’est un véritable fil de presse accessible à tous, mais où il est possible d’intervenir, de commenter, de critiquer et de discuter.

Proposition no.1 : L’organisation de discussion de classe sur Twitter ou autre plateforme avec un auteur par exemple aurait démontré l’ouverture du livre sur le XXIe siècle. Des échanges qui peuvent préparer ou suivre la présence d’auteurs en classe, entreprendre les recherches sur Internet en relation à une œuvre et partager ses résultats avec ses confrères de classe via une de ces plateformes. Voire l’exemple de la classe de Mrs Nagel dans un précédent billet.

  • Médias sociaux et livre

Quel est le rôle des médias sociaux ou de son rôle face au livre? Il est double. Premièrement, les médias sociaux créent des œuvres et permettent d’élaborer une pensée, une véritable réflexion sur le monde. En 1859, on se demandait si la photographie était un art ou non. Certains, dont Beaudelaire cantonnait la photographie comme « servante » de l’art et des sciences, point. C’est-à-dire un rôle de documentation. Dans le camp opposé représenté par Delacroix, on accordait la valeur à la photographie comme nouvelle forme d’appréhension du monde et d’expression. Il en va de même des médias sociaux.

Création : Des voix et des auteurs émergent des médias sociaux. Je pense aux délicieuses Chroniques d’une mère indigne, d’abord écrites sous forme de billets de blogue puis éditées en format livre. L’histoire ne s’arrête pas là puisqu’il y a des web épisodes et une série télé. Catherine Mavrikakis, quant à elle, a publié récemment son e-carnet, ceux qui l’ont suivi sur le net, étaient témoin de la formation de cette œuvre : L’Éternité en accélérée. L’hilarant livre Sh*t my dad says de Justin Halpern a d’abord été des répliques twittées avant de faire l’objet d’un livre. Cette relation de la création est d’un grand intérêt, les essais et les livres pratiques n’y échappent pas non plus

Diffusion/ Communication : Le rôle de service des médias sociaux à titre de diffusion de l’information est évident. Le partage et la recommandation de ses goûts culturels est une pratique croissante et permettent le développement de créneau, le livre y est par contre peu présent. Les médias sociaux assurent une présence Internet et un nouveau type de communication avec le public, une communication bidirectionnelle propre à la conversation.

Proposition no.2 : Identifier les œuvres qui sont en relation avec les médias sociaux,  afin de se questionner si une nouvelle forme d’écriture émerge des technologies de l’information.  Peut-on écrire de la poésie sur Twitter à la manière des Haïkus, ces poèmes japonais très codifiés?

Proposition no.3 : Apposer un flashcode ou l’adresse sur des affichettes dans chacun des kiosques pour accéder à la page Facebook des exposants ou des auteurs, le relier à un concours de participation, peu importe… Le Salon est une occasion de bâtir et entretenir ses relations avec ses lecteurs et le thème devrait privilégier l’essai de ces pratiques de communications.

Bien sûr que le livre s’écrit dans le silence et la solitude, que la lecture se fait également en marge du monde. Mais quoi de plus inutile qu’un livre sans portée, inconnue de son public et qui ne mène pas à l’action qu’il prône. À mesure que le livre se numérise, il devient absurde de penser qu’il ne soit pas relié au reste de la connaissance, le garder isolé ce n’est pas le sauver.

Silence et bruits ou le livre et les technologies de l’information.

Le livre augmenté fait beaucoup jaser, mais de quoi parle-t-on? Il y a les expériences de Penguin avec des romans géolocalisés et autres explorations du genre, ces expériences sont marginales et peu en demande en vrai. Il y a les autres, avec des possibilités pratiques, dictionnaires et Wiki intégré et autres fonctions sociales, c’est peut-être une distraction pour certain, mais pratique et essentielle pour d’autre. Chacun est libre de mettre tout ça à off, pour le cellulaire comme pour le reste.

Certains livres pratiques sont dans ce format par manque historique de meilleures options. Quelle utilité un dictionnaire ou une encyclopédie papier a-t-il maintenant que nous avons troqué nos dactylos pour des ordis. Certains livres deviendront des applications, parce qu’il sera mieux servi ainsi.

L’Influence d’un livre

Internet, comme les médias sociaux sont mieux définis par leur pouvoir de participation et de collaboration. Ce sont ces qualités qu’on devrait retenir pour l’avenir du livre.

Je porte à votre attention le livre La Société émergente du XXIe siècle (pas encore disponible au Québec) pour deux raisons. D’abord pour sa réflexion même sur notre société, une réflexion importante et majeure sur l’évolution de notre société et de l’impact des technologies de l’information sur la démocratie et le pouvoir. Deuxièmement sur le rôle du livre au sein d’une plateforme Internet, Constellation W et comment on l’inscrit dans un mouvement collaboratif et participatif (via le blogue Zéro Seconde de Martin Lessard, blogue d’analyses brillantes pas encore disponible en librairie)

Je vous invite à regarder la vidéo de présentation qui brosse un portrait de l’évolution de la société en différente époque, et des impacts de la technologie et des modèles économiques sur la société et les personnes. Le postulat étant que la rupture qui se joue aujourd’hui, en l’occurrence dans le monde du livre est une occasion rêvée pour transformer nos relations à l’œuvre, aux communications et avec le rôle de citoyen.

Êtes-vous prêt pour le 21e siècle from Michel Cartier on Vimeo.

Le livre est mis en relation à une plateforme de commentaires et de discussion, à des informations complémentaires. Les auteurs, Michel Cartier et Jon Husband, font un appel à la mobilisation. Les médias sociaux propulsent le livre avec une plus grande efficacité que ces author’s corners de Hyde Park de Londres et de ses émules.

Dire que le livre est ouvert sur le XXIe siècle et  fermer les portes en même temps est une contradiction incompréhensible. La demande de livres numériques est plus importante que l’offre, c’est à ce décalage qu’on doit s’attaquer.

Communiqué de presse du Salon du livre de Montréal 2010

Promotion du livre numérique par la lecture sociale


La définition même du livre est bousculée par les changements technologiques, mais ce n’est pas autant le livre qui subira les plus grandes transformations, c’est surtout la lecture. Les modes de lectures se métamorphosent et un des exemples les plus marquants est la lecture sociale, qui prendra tout son sens avec le livre numérique.

Lire est évidemment un acte solitaire, par contre la majorité des lecteurs désire partager ses lectures avec son entourage. Mais comme l’acte de lire et la rencontre sociale ne sont souvent pas en phase, ce partage n’est pas aussi efficace et l’échange n’a pas suffisamment lieu en temps réel.  L’échange de clips musicaux ou d’extraits de film se fait plus aisément, parce que le contenu est disponible et parce que des plateformes comme Youtube, Flixster et Facebook permettent de les échanger avec son réseau en toute transparence, même chose avec les articles des quotidiens ou les billets de blogues.

Pour le livre, c’est un peu compliqué. Facebook permet l’intégration de widgets pour indiquer à ses amis ses lectures du moment, mais rien pour partager réellement sa lecture, une citation, des extraits, peu importe, au moment de la lecture. Le livre n’est pas ouvert sur le Web. En fait, il le devient de plus en plus, particulièrement sur les sites de lecture sociale.

Augmenter le capital conversationnel du livre est le grand défi du marché du livre numérique, mais du marché du livre point.

Un site de lecture sociale permet de mettre les lecteurs en réseau selon leurs intérêts et leurs goûts littéraires. Le catalogage ou la catégorisation de ses livres par mots-clés permet à la fois de définir le livre pour qu’il soit relié à d’autres livres du même genre dans ce réseau, mais permet aussi de définir ses goûts et intérêts pour être reliés à d’autres lecteurs.

Contrairement aux algorithmes de suggestions de lecture basées sur sa propre bibliothèque, comme Amazon le fait notamment, la mise en relation des bibliothèques des lecteurs permet des suggestions plus naturelles et plus appréciables. Les recommandations sont faites par des « pairs » et donc ont souvent une meilleure portée.

Mettre en relation les lecteurs et relier les bibliothèques de chacun d’eux implique également la constitution de regroupements, de clubs, de forums où les usagers contrôlent les paramètres

Site et applications de ventes de livre

Actuellement, les sites transactionnels des libraires québécois, qu’ils offrent des livres numériques ou papiers, comportent au mieux des applications de partage et suggestion de livres sur les médias sociaux, mais ne créent pas de communauté. Amazon permet depuis longtemps les commentaires et les notes d’appréciation, la création de liste de lecture, mais sans interactions directes entre les clients. L’achat de Shelfari a changé cela.

Le développement de site Web transactionnel et d’application devrait intégrer des plateformes d’échanges entre les clients et lecteurs pour accroître la fidélisation et la récurrence des visites.

Réseaux sociaux

Les dernières données du CEFRIO sur l’usage des médias sociaux indiquent que 45% de la population canadienne utilise Facebook et 42% au Québec. La progression est impressionnante et démontre un changement fondamental du web. La participation des internautes sur Facebook est passée de 34% en 2009 à 48% en 2010, l’engagement dans ces nouveaux médias est majeur. (NetTendances, p.4, PDF)

Le temps consacré aux médias sociaux à aussi augmenté significativement et occupe le quart du temps en ligne :

Les réseaux sociaux comme Facebook, Twitter connaissent une forte croissance aux États-Unis, cette augmentation est de 43%, avec un 23% du temps consacré à ces sites de réseautage. What American do Online.

Les internautes québécois sont particulièrement engagés et actifs sur ces réseaux sociaux, et plus ils sont jeunes et plus ils sont actifs. On observe, par ailleurs, déjà un changement dans la dernière année ou la tranche des 35 à 54 a significativement augmenté leurs engagements et ce profil démographique est une clientèle qui comporte plus de lecteurs et acheteurs de livres assidus.

Influence et la recommandation : De manière générale, les lecteurs de recommandations sont surtout les jeunes professionnels dotés d’un fort pouvoir d’achat et sont les plus sensibles aux messages en lien avec les entreprises qui sont véhiculés dans les médias sociaux :

Les deux tiers des internautes lisent des avis et des recommandations sur un produit ou un service avant d’acheter, et 74 % d’entre eux affirment que les informations qu’ils y trouvent influencent leur choix. NetTendances

Bien que l’activité principale soit la socialisation avec les membres de son réseau, le divertissement, la recherche d’information et de recommandation, le partage de ses centres d’intérêt ne sont pas négligeables.

Site de lectures sociales

Les sites de lecture sociale sont plus que des clubs de lecture enrichis. Avec le livre numérique, les lecteurs enrichissent le contenu du livre par leur commentaire au profit de leur réseau.

Il est important qu’il y ait une interface avec les autres réseaux sociaux, avec les sites transactionnels ou avec ceux des éditeurs et des auteurs pour que le site devienne un véritable outil et point pivot de la promotion de la lecture et du livre.

Le succès de tel site réside aussi sur la capacité de créer des groupes spécifiques, des créneaux sur des sujets et des thèmes porteurs, mais dans un catalogue le plus large possible.

Applications pour les éditeurs

Les éditeurs peuvent créer des microsites de lecture sociale sur un thème porteur, voire sur une collection, un unique titre ou un auteur. Un site d’échanges sur l’histoire du Québec, par exemple, rassemblera les amateurs sérieux, les auteurs et chercheurs, qui seront actifs et influenceront une autre part de cet auditoire. Cette communauté sera en mesure de relayer le contenu des œuvres et des discussions sur d’autres plateformes et sites spécialisés

On peut le faire au sein même de sites de lecture sociale ou de manière indépendante. La première avenue est certainement la plus profitable pour s’adjoindre régulièrement un nouvel auditoire.

Applications pour les libraires

L’utilisation d’une application de lecture sociale, qui soit intégrée à un site transactionnel ou parallèle, est certainement plus profitable pour les libraires,  parce que leur offre est générale et exhaustive. Le succès d’un site de lecture social est d’abord l’étendue du catalogue, c’est vraiment là le nerf de la guerre.

En plus de fidéliser sa clientèle, on apprendra encore plus sur le comportement de lecture des visiteurs en plus de son comportement d’achat. Les applications comme Kobo, iBooks et Kindle consignent les habitudes de lectures de ses détenteurs. On peut ainsi mieux répondre aux besoins de ses clients et communiquer avec eux au moment opportun et faire des offres mieux ciblées.

Internet est un marché de créneau, les librairies peuvent donc développer un créneau distinctif, même s’ils sont généralistes. Les amateurs d’histoire, de cuisine peuvent ainsi se regrouper dans un club de lecture animée et enrichie par un libraire ou non.

Le peu d’espace médiatique consacré aux livres, à la littérature et aux essais, mais surtout l’importance des recommandations des « pairs » qui favorise l’émergence et le développement de sites de lecture sociale. Le  livre est un des derniers produits culturels ou médiatiques à entrer dans l’ère numérique, outre l’objet lui-même, les pratiques de promotions et d’échanges autour de lui sont aussi primordiales pour son dynamisme.

Sites de lecture sociale et leurs meilleures pratiques. 2/2

Beaucoup de sites de lecture sociale sont disponibles pour les amateurs de lecture et de littérature, les offres sont par contre inégales et l’expérience varie énormément d’un site à l’autre. Le spectre passe d’un simple catalogage à une réelle interaction avec les autres lecteurs aux goûts similaires. Voici les points saillants des sites les plus importants sur Internet actuellement, où le livre numérique fait progressivement son apparition.

Meilleurs de classe :

Actuellement, le site compte 1 200 000 usagers et 56 millions de livres catalogués. Ce qui en fait la communauté la plus active et participative de tous les sites de lecture sociale. Le système de catalogage est fiable et très élaboré, par la participation active des membres et la richesse des mots-clés. La base de donnée alimenté par Amazon,  la Bibliothèque du Congrès et des centaines de bibliothèques publiques.

L’originalité et la qualité des recommandations de Librarything sont dues notamment au programme Early Reviewers qui favorise l’ajout de commentaires sur les nouveautés. De plus, la bibliothèque s’enrichit d’un Common Knowledge, c’est-à-dire toute information pertinente sur l’auteur et le livre, les prix littéraires, les personnages, etc.

Le site est rebutant et semble vraiment destiné à des pros de l’archivage; il n’y a aucune couverture de livre dans les menus généraux, les pages sont remplies de listes de mots-clés, bref un peu de design ne nuirait pas.

Fondé en octobre 2006 et acheté par Amazon en 2008. Shelfari comporte tous les éléments qui favorisent la fréquentation, la contribution et l’échange des membres. Les modules sont intégrés, comme pour les opérations des ensembles, par inclusion, intersection et réunion. Les titres proviennent évidemment de la base de données d’Amazon.

Depuis peu, une application se retrouve dans les liseuses Kindle sous la rubrique Book extras. Ce qui permet une réelle intégration entre le site de lecture sociale et le livre numérique. Le système d’invitation des amis est critiqué et pourrait être amélioré.

L’exemple d’une professeure, qui a créé un groupe de discussion sur une oeuvre au programme pour permettre à ses étudiants échanger entre eux, Mrs Nage’s Class, est éloquent sur les possibilités de tels groupes. On peut faire des variations sur tous les thèmes et dans beaucoup de contexte.

LivingSocial est un site de catalogage et partage de produits culturels et de consommation, dont le livre est le plus populaire. Leur application initialement nommée Visual Bookshelf a été la première à s’intégrer à Facebook . La présentation des profils et des bibliothèques des lecteurs favorise l’exploration. L’ergonomie et le graphisme du site sont simples et efficaces, l’information est facilement repérable. La page des tendances permet de suivre les activités liées aux mouvements des livres selon différents critères. Par contre, il n’y a pas de système de catalogage ou de mots-clés pour classifier ses livres.

Disponible en anglais et en français, mais dans une version médiocre. Le site est fréquenté par 3,6 millions de membres et il y a plus de 100 millions de livres au catalogue.

Les profils des lecteurs sont bien étayés et permettent une exploration facile, ainsi qu’un référencement croisé grâce aux différents modules comme la bibliothèque, les mots clés, les clubs de lectures, etc. De plus, on peut choisir entre suivre quelqu’un ou être son ami. Le meilleur de Facebook et de Twitter.

Avec ses 30 000 groupes et les listes thématiques, Listopia, Goodreads est un des sites du genre les plus achalandés. Les lecteurs peuvent également bloguer sur leur profile et partager leurs billets sur les autres médias sociaux.

Pour les achats, on relaie à des sites tiers : Amazon, Renaud-Bray, Archambault, Indigo, etc.

Une application iPhone est disponible. Les widgets de Goodreads pour les blogues et Facebook sont les plus utilisés. Le livre numérique est disponible à la vente :

Goodreads eBooks are in ePUB format, DRM-free, with authors setting the price and getting 70% of the revenue, payable via check or Paypal at any point after they’ve earned $50. DBW

La plus grande originalité de BookGlutton est la possibilité d’annoter et de commenter dans le livre numérique lui-même et de partager ses commentaires avec les autres lecteurs de ce livre ou sur Facebook. La lecture ne se fait que sur un navigateur, ce qui n’est pas très convivial et pratique. L’application iPad, en préparation, viendra peut-être corriger ce défaut.

Bien que les profils des lecteurs ne soient pas suffisamment accessibles et développés, en  plus d’avoir des interactions limitées, on peut suivre certains lecteurs ou les membres de club de lecture peuvent échanger directement à l’intérieur du livre. L’exemple de Mrs Nage’s Class est ici poussé un peu plus loin, car les commentaires sont associés au déroulement de la lecture.

C’est donc un des rares sites de lecture sociale à intégrer le livre numérique et non pas simplement les références et commentaires du livre papier. Comme le site est transactionnel, on est en présence d’un nouveau joueur sur le marché du détail, qui entre en compétition avec les librairies pour le livre numérique.

Babelio est un des trop rares sites en français avec des titres de langue française : près de 20 000 membres et plus de 850 000 titres.

Les pages de profil de lecteurs et des titres sont exhaustifs, par exemple, il est intéressant de voir les lecteurs qui sont en ligne, à la manière de Facebook. Par contre, le plus grand défaut est l’absence de groupes et de clubs de lecture, les contributions demeurent statiques et sans grandes interactions.

Babelio est également associé à Babelthèque qui sert à mettre en réseaux les bibliothèques publiques entre elles.

Certainement le site qui intègre le mieux l’aspect social du partage sur les livres. Les modules sont bien structurés et présentés, avec une volonté d’inclure, grâce à Author’s corner, les auteurs dans les échanges avec les membres, les inclure dans la conversation autour de leurs livres.

Seul site québécois :

Fondé en 2007 par Mylène Lavoie, bibliothécaire, Pause lecture est le seul site du genre au Québec. L’objectif du site est de fournir une banque de données de recommandations de lecture, grâce à la contribution des membres qui ajoutent leurs commentaires et critiques aux résumés de l’éditeur. Le site reçoit près de 20 000 visiteurs par mois qui consultent quelque 40 000 pages.

Malgré cet intérêt marqué, la plus grande lacune du site est le nombre restreint de titres, seulement 7 500. Le site n’est pas alimenté par une base de données et compte sur la participation des éditeurs et des fournisseurs pour alimenter le site en informations sur les nouveautés.

Autres sites :

Propriété de Harper Collins UK.  La base de données contient tous les livres en anglais qui comportent un ISBN, dont 6 millions de livres comportent une note ou un commentaire.

8 000 membres et 74 000 livres. Classification des membres selon le degré d’importance de leurs contributions. Aucun groupe et peu d’applications sociales.

1500 utilisateurs et 65 000 livres. Aussi sexy qu’un tableau Excel.

Site en anglais et italien. Les lecteurs sont peu en relations et difficile d’accéder à des profils d’intérêt communs. Structure similaire a BookArmy.

Site en français. 20 milles membres et quelque 1 millions de livres et 23 000 critiques. Les actualités littéraires sont pertinentes. Les critiques des bibliothécaires, des libraires et des lecteurs sont distinctes et identifié. Manque d’interaction sociale, mais les liens avec bibliothèques et librairies enrichissent l’expérience de l’achat ou emprunt de livre papier vers des sites tiers.

Spécialisé dans les mangas et les DVD d’animation. Module de statistique très informatif sur les actions et critiques liés aux membres comme aux titres. Permet un réel réseautage sur ses champs d’intérêts.

Communauté de lecteurs de livres numériques qui est un mélange entre de l’autopublication et la coproduction (crowdsourcing). Propose les titres du Projet Gutenberg. Toutes les applications sociales ci-trouvent, disponible sur iPhone et iPad. Manque d’interaction sociale entre les membres.

Vous connaissez d’autres sites de lecture sociale? Merci de les partager ici en laissant la référence dans les commentaires, avec vos appréciations..

Sites de lecture sociale et leurs meilleures pratiques. 1/2

Les sites de catalogage ou de lecture sociale ont fait leur apparition en 2005-2006, LibraryThing étant le précurseur et un des plus importants. Au début, ces sites étaient plus proches de sites comme Delicious que de site de réseautage comme Facebook. En 5 ans, on est passé de catalogage social, où la principale contribution est la classification des livres par mots-clés, à lecture sociale proprement dite, soit à une réelle interconnexion des membres entre eux structurée autour de leurs préférences littéraires et axée sur les échanges.

Dis-moi ce que tu lis, je te dirai qui tu es! Cet adage est tout indiqué pour décrire ces réseaux de lecteurs, qui commentent, classent et catégorisent les livres de leur bibliothèque qu’il partage avec les autres membres et amis. La lecture sociale permet maintenant de partager des passages d’un livre, de se regrouper en club de lecture thématique, bref d’avoir une conversation basée sur ses lectures et la littérature. Le slogan de BookGlutton est d’ailleurs, les livres sont des conversations.

Les meilleures pratiques des sites actuels de lecture sociale.

Voici les caractéristiques des meilleures pratiques actuelles qui visent à favoriser les échanges autour de la littérature et du livre. Pour être efficace, un site de lecture sociale doit intégrer des éléments qui encouragent la fréquentation, mais surtout la participation des membres, à l’instar de médias sociaux, comme Facebook, Twitter, Tumblr et les blogues en général. Voici donc :

- Offrir une véritable interaction entre les différents modules que composent un réseau social : Livres, membres, champs d’intérêt et lieux d’échanges. Ainsi, un profil des membres comprend, livres (lu, à lire, souhaité), contributions, commentaires, groupes, champs d’intérêt (grâce aux étiquettes), amis, discussions, etc. La page titre comprendra, par exemple, les lecteurs (lu, à lire, souhaité), suggestion d’autres titres, les commentaires, notes d’appréciation, groupe d’appartenance, catégories, etc.

- Alimenter le site par une base de données fiable et qui est intégrée au site. La majorité utilise Amazon et Bookdepository. La saisie de titres par les lecteurs devrait être marginale et réduite au minimum, tout en étant accessible.

- Permettre une grande flexibilité de catalogage des livres de sa bibliothèque, qui soit simple et complémentaire à celui de l’administrateur. D’ailleurs, tous les champs de référence d’un livre (métadonnées) devraient être une porte d’entrée des recherches et de l’exploration.

- Offrir un système de notes ou d’appréciation, de recommandation et de compte-rendu de lecture.

- Favoriser l’ajout d’information complémentaire aux livres ou à l’auteur, comme les prix littéraires, adaptation au cinéma, article, description des personnages, etc.

- Simplifier le système d’invitation d’amis en utilisant les profils de Facebook et Twitter par exemple et intégrer une application synchronisée. Sur le site, il est préférable d’utiliser une asymétrie des relations, comme Twitter, étant donné que les goûts littéraires ne sont pas nécessairement réciproques.

- Animer la création et le maintien, par les lecteurs, de forums, de clubs de lecture et de groupes au champ d’intérêts communs. La contribution des usagers est primordiale pour rendre vivant le réseau, des programmes peuvent être élaborés pour susciter l’adhésion et la contribution.

Le lancement de Ping sur iTunes par Apple, il y a quelque mois a déçu les utilisateurs même les plus enthousiastes, parce que les interactions sociales nécessaires pour la création d’un réseau ou d’un média social n’étaient pas au rendez-vous. Aussi, parce que les fonctionnalités se limitaient à mettre en vitrine les produits plutôt que de favoriser les conversations autour de la musique; la recommandation par les pairs ou par les professionnels a besoin d’un véhicule sur le Web, là où se trouvera bientôt le quart des lecteurs et la majorité des acheteurs de livres.