Nous sommes encore au cœur de l’été, mais déjà les titres de la rentrée littéraire en France sont connus et déferleront en librairie dans quelques semaines chez nous. Je me réjouis déjà de l’annonce de certains titres, mais je me désole que nous n’ayons pas, au Québec, colligé toute cette information pour la rendre disponible sur le Web, au profit non seulement des médias, qui eux sont alimentés par les attachées de presse des maisons d’éditions et de diffusions, mais surtout au profit des blogueurs, des Webzines et des internautes influents.
Babelio à recenser tous les titres de la rentrée littéraires 2011 et même ceux qui ne sont pas officiellement annoncés. Les titres sont classés par nationalité, tout en y distinguant les premiers romans. Babelio le fait au bénéfice de ses membres, afin qu’ils puissent les intégrer dans leur bibliothèque personnelle en ligne et éventuellement les commenter. Quelques titres l’ont d’ailleurs déjà été.
Un tel outil, avec l’information brute, assure une diffusion plus large et en un éventail plus large aussi de titres chroniqués. Les nombreux blogueurs littéraires québécois (voir liste ici et sur TLMEB) effectuent des choix selon leur créneau et leurs intérêts et n’auraient pas à se fier à une liste écrémée par les médias. De plus, Babelio offre beaucoup d’information complémentaire, bibliographie de l’auteur, entretiens, vidéo promotionnelle, etc., en plus des commentaires des membres évidemment. À titre d’exemple, pour le nouveau roman de Jean-Christophe Grangé, le Passager, Babelio a déjà mis en ligne une vidéo de présentation de l’auteur. Un teaser efficace, qui peut facilement être reprise par les chroniqueurs du Web. Il est donc avantageux de centraliser l’information concernant la rentrée littéraire.
Dans les médias français, on parle de 654 nouveautés pour la rentrée littéraire 2011, Babelio recense 703 titres à paraître en France entre la mi-août et octobre. De ce nombre, 429 titres sont d’auteurs français. Fait marquant et excellente nouvelle, une version numérique pour tous les auteurs français sera disponible, espérons qu’au moins les têtes d’affiche en littérature étrangère le soient également.
Espérons, également, qu’ils seront en format ePub sans DRM et mis en vente simultanément au Québec. Les entreprises doivent adapter leur processus commercial au marché et non pas imposer une manière de faire issue du monde physique sur cette économie de l’immatériel. Les effets pervers, comme l’achat sur des boutiques étrangères et le piratage répondront à ces erreurs de management, sans oublier que ces ventes numériques peuvent servir d’inputs aux décisions commerciales concernant les livres papier. D’autant que les passerelles entre les différentes plateformes de livres numériques comme ANEL – De Marque sont installées, les autres sociétés ont également la possibilité de le faire.
L’effet Amélie Nothomb et le principe du sablier.
Les éditeurs français ont diminué leur production de nouveautés cet automne, notamment à cause de la morosité du marché ce printemps, mais intègrent la production de version numérique dans le processus éditorial. L’article dans les Inrocks (# 815 du 13 juillet), Pourquoi les livres ne se vendent plus? exprime aussi sur le déclin du statut et de la valeur symbolique du livre en France et auprès des élites. (lu sur l’application pour iPad).
Les éditeurs misent sur les valeurs sûres parce que les médias misent sur les valeurs sûres? Ou. Comme les médias misent sur les valeurs sûres les éditeurs misent sur les valeurs sûres?
Les médias pousseront encore plus fort dans l’entonnoir et présenteront en pleine page de leur une Amélie Nothomb et consorts, listeront les titres les plus attendus et souligneront quelques nouveaux romans. Beaucoup de place à prévoir pour les auteurs français comme Nothomb, Schmitt et Grangé et une moindre place aux auteurs québécois en général, mais surtout de deuxième et troisième roman, en dehors des vedettes annoncées. C’est le principe du sablier. C’est peut-être seulement une question de perception de ma part, mais des articles comme celui-ci viennent le confirmer régulièrement : Livres étrangers = 11 – Livres québécois = 0. CQFD!
L’avantage d’un accès aux titres à paraître pour la rentrée de l’automne 2011 et disponibles à tous sur le web est la possibilité de comparer et d’y repérer les oubliés pour offrir sur ses réseaux propres, soit de partage social de lectures comme Babelio ou Pause lecture, soit, pour les supers lecteurs, sur leur blogue littéraire ou pour les Webzines comme La Recrue du mois. Ces sites offrent un complément d’information aux lecteurs qui n’est pas négligeable. L’information brute rendue disponible sur le Web peut ensuite être traitée par les blogueurs, les libraires, et les bibliothécaires dans un travail de médiation auprès de leurs clientèles/lecteurs propres, il ne faut pas laisser simplement les médias traditionnels faire ce travail, leur espace est limité et leur attention encore plus brève. À titre d’exemple, un challenge entre une vingtaine de blogueurs français a été organisé spontanément pour chroniquer les titres de la rentrée 2011.
Premiers romans
Sur les 74 premiers romans français annoncés, Babelio en dénombre déjà 58 et un total de 77 titres de toutes nationalités confondues. Il n’est pas surprenant que les éditeurs privilégient leurs nouvelles voix nationales et diminuent certains risques dans le contexte où l’offre excède la demande et où le marché semble encore incertain.
L’information sur la rentrée québécoise
La rentrée littéraire pourrait profiter d’une meilleure amplification sur le web en diffusant en un seul lieu l’ensemble des titres à paraître cet automne. Je suis convaincu, comme je l’ai mentionné, que les blogueurs pourraient relayer l’information (en toute liberté et indépendance) après en avoir extirpé les titres les plus pertinents pour eux et leur communauté. Je parle des blogueurs, mais les bibliothécaires et les libraires présents sur Internet crée une information pertinente et adaptée plutôt que de simplement relayer le même article de La Presse et du Devoir, et bien sûr l’un n’empêche pas l’autre.
La rentrée est littéraire, mais vu la petitesse de notre marché et l’importance de blogues et de sites spécialisés sur le voyage, la cuisine, la famille et la santé, j’ajouterais à la nomenclature habituelle des nouveautés des éditeurs québécois, Romans québécois, Romans étrangers, Premiers romans, mais aussi les Essais, le livre Jeunesse et le livre Pratique. On peut s’inspirer de ces sites : Rentrée 2010 pour les catégories autres que littéraires, par contre je n’ai pas été en mesure de connaître la date de mise à jour et si une édition 2011 est en préparation. Le site Les chroniques de la rentrée littéraire est à suivre pour son édition 2011.
Il est possible de colliger l’information à partir des annonces de nouveauté de la BAnQ, mais l’idée est de rassembler le tout préalablement pour avoir une vue d’ensemble de la rentrée avant la sortie des premiers titres. Si vous connaissez une source d’information qui collige toutes les nouveautés de la rentrée et qui aurait échappée à mes recherches, merci de m’en faire part.
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En attendant ma rentrée littéraire purement québécoise, voici la rentrée littéraire de l’édition française.
Parmi les auteurs français les plus attendus il y a évidemment les plus fidèles au rendez-vous d’automne, Amélie Nothomb, avec Tuer le père et Éric-Emmanuel Schmitt avec la Femme au miroir. Il y aura aussi Emmanuel Carrère et son Limonov, Lydie Salvayre avec Hymne. Jean-Christophe Grangé et le Passager et Yasmina Khadra pour l’Équation africaine.
Pour ma part, les Amants de Francforts de Michel Quint a piqué ma curiosité et sera sur ma liste de livres à lire avec Le Jus de la nuit, suivi de De la cervelle sur les murs & Le fléau de Pastisville de David Sillanoli, édité chez Al Dante et qui semble à première vue complètement déjanté. Le nouveau roman, le Cas Sneidjer, de Jean-Paul Dubois aura Montréal comme cadre de l’action, ce qui ajoute à mon intérêt.
Littératures anglo-saxonnes
Une centaine de titres anglo-saxons (américains; anglais; britanniques classement Babelio) dont la moitié est américaine.
Du côté américain, il y a les habitués qui reviennent avec la régularité d’un métronome, tel Philippe Roth avec le Rabaissement, Dan Simmons avec Drood, Paul Auster avec Sunset Park, en plus des habitués des clubs de lecture comme Diana Gabaldon, Douglas Kennedy et Maya Angelou et James Frey. Le best-seller Freedom de Jonathan Franzen devrait aussi faire parler de lui.
Pour ma part, je me réjouis de la première traduction en français de Atlas shrugged de l’auteure culte Ayn Rand, sous le titre la Grève, et un premier roman de James Franco, le Golden boy d’Hollywood, mais aussi des campus universitaires (lire entrevue sur Wired) qui nous offre des nouvelles dans Palo Alto, où il met en scène des adolescents désoeuvrés de la Californie
La littérature canadienne n’y est pas particulièrement bien représentée, on note la sortie de Douglas Coupland. Mais aussi la sortie de deux auteurs québécois assimilés aux auteurs français, Hubert Reeves et Nancy Houston.
La littérature indienne comptera cinq nouveautés dont Les Ombres de Kittur d’Aravind Adiga qui nous a donné le très beau roman Tigre blanc. 18 nouveautés espagnoles, dont Arturo Pérez-Reverte avec Cadix, ou la diagonale du fou. Un rendez-vous avec des intrigues intelligentes truffées d’une grande érudition.
Peter Hoeg revient avec Les Enfants des cornacs et quelque 10 de ses compatriotes scandinaves. L’auteur japonais Haruki Murakami, qui nous a offert le délicieux Kafka sur le rivage, revient avec deux tomes de sa trilogie : 1Q84, sur ma pile à lire assurément. Consultez les autres titres japonais de la rentrée 2011. et beaucoup d’autres à découvrir:
- 12 romans italiens
- 12 romans allemands
- 5 romans russes
- du Brésil 2 titres, dont celui de Paulo Coelho; de l’Argentine 4 titres
- 5 romans chinois
La rentrée d’automne 2011 en France dans les médias :



[...] dans mon billet sur la Rentrée littéraire automne 2011 made in France ma satisfaction de voir tous les titres de la rentrée de l’édition française rassemblés en un [...]