Photo: Sophie Imbeault, l’Institut Pinel à la Salpêtrière, Paris.
Les médias de masse ont une grande influence de prescription et de recommandation de livres, de proposition de lecture auprès du public. J’en ai parlé dans mon billet: Quelle place pour le livre et la littérature dans les médias?
Il est vrai que journaux, radios et télés ont un auditoire important, mais leur espace dédié au livre et au livre québécois en particulier tend à diminuer, et leur auditoire transite aussi vers le Web. Tout le milieu fait ce constat sur la présence du livre dans les médias et s’en plaint avec raison. Mais, est-ce les médias qui sont à blâmer ou est-ce la valeur du livre et de la littérature dans notre société? Est-ce simplement que le choix de ce canal de communication n’est plus adapté?
La blogosphère
Les éditeurs l’ont bien compris, le riche contenu des blogues est matière à publication. Les noms de Michelle Blanc pour les Médias sociaux 101 et Caroline Allard pour les Chroniques d’une mère indigne nous viennent immédiatement à l’esprit et il y en a tant d’autres. Par contre, pour ce qui est de la diffusion et de la promotion du livre, les blogues sont encore trop négligés. D’ailleurs, peu d’entreprises dans le secteur du livre tiennent un blogue, mais ce sera pour un prochain billet.
Dans bien des secteurs comme ceux de la mode, du cinéma, du design et des arts visuels, les blogues sont devenus des incontournables. On pense évidemment au succès du Huffington Post, blogue collectif lancé en 2005 afin d’offrir une alternative à la couverture médiatique traditionnelle sur la politique, les médias, les affaires, le design, etc. et racheté par AOL à fort prix (article Wikipédia). D’autre part, Tavi Gevinson, jeune blogueuse de 15 ans a réussit à faire de son blogue sur la mode, The Style Rookie, un incontournable il y a deux ans déjà, il n’y a plus un défilé des grands couturiers qui ne l’invite, ceux qui ont lu le Diable s’habille en Prada ou qui ont vu September Issue comprendront le tour de force. Gevinson est au même niveau que les grands magazines de mode comme prescriptrice de tendances. Toujours en mode, The Sartorialist, un blogue sur la mode de la rue, profite de revenus publicitaires administrés par Condé Nast (réf.). Ce ne sont que quelques exemples, mais je pourrais vous en sortir des tonnes. Ce qui est à retenir est l’importance des blogues comme média influent et prescripteur, et aussi comme stratégie pour augmenter sa présence web.
Les blogues littéraires québécois
Les blogues littéraires sont encore perçus comme marginaux, ayant peu d’influence et ayant une portée moindre que les grands médias de masse. Pourtant, plusieurs blogues littéraires font le palmarès Wikio des blogues québécois d’un mois à l’autre, et ce toutes catégories confondues. Par exemple, au printemps, le Passe mot de Venise était dans le top 20 des blogues québécois, devant des blogues bien fréquentés de Radio-Canada ou de ses chroniqueurs. La Bibliothèque d’Allie se retrouve également fréquemment dans le top 20 de Wikio pour TOUS les blogues québécois et à la tête du palmarès de Tout le monde en blogue (TLMEB), tout comme Pause lecture avec Kikine.
Au mois de juin 2011 justement, Pause lecture avec Kikine (14) et la Bibliothèque d’Allie (20) se retrouvaient tous les deux dans le top 20 Wikio, donc fortement fréquentés en mai par les internautes à la recherche de lectures d’été. Ces deux blogues se retrouvaient une fois de plus dans le palmarès Wikio de juillet, en compagnie du Passe mot de Venise (59) et le blogue de la librairie Monet, Le Délivré (94).
Comme on doit s’inscrire pour apparaître dans les palmarès Wikio, il faut penser que d’autres blogues pourraient se retrouver dans ce Top 100 des blogues québécois. Je pense notamment à Livresquement boulimique. Mais de toute manière, certains se retrouvent dans des créneaux littéraires et sont au cœur d’une communauté d‘aficionados du genre qu’ils traitent. Comme Wikio n’archive pas les palmarès, consultez les billets de Martin Lessard sur Zéro seconde qui les retranscrit et les commente: pour les mois de mai et juin.
Vous trouverez une liste, encore partielle, de blogueurs, ces supers lecteurs qui rendent compte de leurs lectures régulièrement, dans l’onglet de ce blogue en haut: Blogues Littéraires. Avec une description des genres privilégiés et même leur compte Twitter pour vous joindre à leurs conversations.
Voici ceux que je fréquente assidûment, mais je ne peux que vous encourager à visiter ceux répertoriés dans la page Blogues Littéraires et sur TLMEB, mais aussi explorer les blogrolls de tous ces blogues. J’ai également répertorié sur mon compte Delicious plusieurs blogueurs littéraires francophones:
Mon top 10 (ordre alpha):
- Le Baise Livres
- La Bibliothèque d’Allie
- Carnet littéraire
- Livresquement boulimique
- Les Hommes littéraires
- Passe mot de Venise
- Pause lecture avec Kikine
- There will be blog
blogues de libraires:
Lire la suite: Blogues littéraires 2/2 : Déployer sa présence su Internet.
Source photo: Le Carnet de Sophie Imbeault est un de mes blogues préférés pour ses photos, ses impressions de Québec, les petits détails qu’elle observe et sa passion de foodie. Sophie est éditrice au Septentrion.


Et puis, il y a des Christian Liboiron pour parler de nous qui parlons de la littérature québécoise !
Merci beaucoup, parce que parler du Passe-Mot de Venise, ça veut dire parler de nos écrivains.
Un jour, je me suis dit, si on a l’éthique d’acheter québécois dans des denrées telles que bijoux, bougies, chandails, pourquoi pas le pareil pour nos livres ? Je me suis répondu; peut-être est-ce, comme le restaurant du coin, trop près de chez soi, on passe devant et on va en essayer un autre ? J’ai pour mon dire qu’on manque peut-être un restaurant pour lequel d’autres personnes feront des kilomètres pour venir goûter, apprécier, adopter.
Goûtons près de chez soi ! (hé hé, attention, j’ai sorti mon ton propagande !)
De toutes manières, le principal : un gros MERCI à cette réflexion lancée sur les blogues et notre littérature !
Et un blogue hors-norme, qui se ballade entre les lignes de lectures de toutes sortes : horslignes.net
Au plaisir !
Anne
Merci pour encore une fois, un très bon billet. En tant que libraire et blogeur (www.culturils.com), je trouve aussi que les lecteurs ont parfois la fâcheuse habitude de « suivre » les palmarès, les lectures proposées dans les grands médias… parfois même, sans connaitre ni le sujet, ni l’histoire !!!
Combien de fois je me fais demander : « Avez-vous le livre qu’ils ont parlé ce weekend à la radio ? »
- Bien sûr Madame. Quel était le titre déjà ?
- Je ne sais pas… mais vous devez le savoir !
- Non, désolé, j’étais au boulot, je n’ai pas pu écouter l’émission… Mais quel est l’histoire ?
- (Même pas embêté): je ne sais pas.
- ça parlait de quoi ?
- Je ne sais pas…
…
- Désolé, Madame… Par contre, j’ai ce roman particulièrement intéressant que je viens de terminer. Vous allez pouvoir le recommander par la suite à vos amis, c’est promis…
- Laissez-faire, je vais aller voir ailleurs !
(La dame quitte, probablement pour se rendre chez Cosco…)
Heureusement, il y a encore des curieux qui se pointent et qui fouille vont fouiller dans les rayons ou qui vont nous demander quel est notre dernier coup de coeur…
Je réalise que les médias ont leur place dans le processus de vente d’un livre, en parlant d’un auteur ou d’un livre… Je pense seulement qu’il faut aussi que le lecteur s’ouvre à la découverte. Et c’est aussi possible , grâce entre autres aux blogues !
Bravo à tous ces blogueurs qui rendent cette expérience encore plus vivante !
Les maisons d’éditions boudent mon roman ‘Les jumeaux du bistro’ Que pensez-vous de mon idée d’avoir créé un blogue pour le publier (un chapitre, un mardi sur deux) ? http://www.richais2.blogspot.com. MERCI
Richard,
C’est à vous de me dire qu’elles sont les conclusion que vous en tirez après avoir publié 4 chapitres. Que vous indiquent les stats sur Google analytics?
Le blogue est utilisé de différentes manières par les auteurs, j’ai suivi celui de Catherine Mavrikakis de façon sporadique, pour finalement lire d’un trait Éternité en accélérée chez Héliothrope.
Vous pouvez également faire appel à Publie.net pour votre roman, l’experience du lecteur est tout de même plus agréable pour des longues lectures qu’un blogue, à mon avis
Merci Billy, de me faire connaître Culturils.com et pour votre commentaire.
Pour ma part peu importe la raison, le client doit pouvoir trouver ce qu’il cherche. Mon propos est de pouvoir offrir plus de source d’information, et si plus de 50% de la population du Québec sont sur les réseaux sociaux, les blogues peuvent alimenter ses flux de recommandations et faire oeuvre utile.
Merci Anne, de porter à mon attention votre blogue. J’y ai jeter un rapide coup d’oeil, l’approche semble originale.