Enjeux de l’édition numérique: clavardage avec Clément Laberge

Dans le cadre des Journées de la culture,  les Bibliothèques publiques de Montréal proposaient hier après-midi une session de  clavardage avec Clément Laberge sur les enjeux de l’édition numérique.

Clément Laberge est notamment vice-président, services d’édition numérique chez De Marque, entreprise associé avec l’ANEL (association des éditeurs de livres) dans la création d’un entrepôt numérique et de l’application pour iPad La Hutte.

Je n’ai malheureusement pu y participer, mais on peut consulter le verbatim des échanges qui portent surtout sur l’urgence d’agir et l’importance pour les acteurs de la chaîne du livre d’explorer la technologie numérique. Celle propre au livre bien sûr, mais également celle des outils de communication incontournables des réseaux sociaux.

Je retiens surtout l’importance pour les auteurs et les libraires de participer plus activement au développement du numérique. Chacun devrait joindre la conversation qui prend place sur le Web pour mieux rejoindre leur clientèle. J’ajouterais aussi pour se familiariser et réfléchir aux modes de diffusion du livre sur Internet.

À propos des auteurs :

Clément Laberge invite les auteurs à créer leur page Facebook par exemple, à interagir de manière plus soutenue avec leur lectorat, à faire une veille des commentaires sur le Web.  À ce titre, il donne l’exemple du commentaire de Brian Perro à une élève qui a écrit un billet sur son livre dans le cadre d’un projet scolaire et l’impact positif engendré.

J’ajouterais qu’il y a trop peu d’auteurs Québécois avec leur propre nom de domaine. Trop peu  également présent sur Facebook ou engagé envers leur lecteur sur Internet. Mais il faut le faire de la bonne façon, ceux qui sont sur Facebook sont souvent plus en relation avec des gens de leur milieu qu’avec leurs lecteurs. L’exemple de  Maxime Roussy et sa série du Blogue de Namasté est un autre exemple intéressant de conversation avec son lectorat. Son site est animé régulèrement, les jeunes filles (et garçon) ont un véritable attachement avec la série et à l’auteur. De plus, l’auteur réagit aux commentaires de ses fans.

Maxime Roussy est présent par son blogue et les sites officiels de ses deux séries Pakkal et Blogue de Namasté, et via Wikipédia et Youtube, où il présente son autoportrait avec humour.  Sa page Facebook consacrée au Blogue de Namasté compte plus de 3 500 fans; de ces fans, certaines ont créé des blogues, des billets ou d’autres pages Facebook sur l’auteur et ses livres. Mais surtout, son contact avec ses lecteurs est constant, régulier.

Le auteurs doivent également initier des projets d’éditions numériques, explorer les possibilités narratives rendu accessibles par le numérique et être au centre du développement d’intégration des médias ou du développement d’application avec leur éditeur.

À propos des libraires : Clément Laberge souligne l’importance de leur rôle dans l’écosystème du livre:

Je pense que les libraires sont essentiels dans le nouvel écosystème du livre — dans leur role de conseiller, d’aide au choix, de diffuseur.

- Mais il faut pour cela qu’ils se plongent dans l’univers numérique — qu’ils l’occupent, littéralement.

- qu’ils en deviennent des acteurs de premier plan. En étant présent sur Facebook, Twitter; sur le Web, via un blogue, etc.

Il réfère au site de biblosurf.com pour démontrer une manière d’exercer le métier en ligne. J’ai expérimenter quant à moi le service de Mon libraire à domicile, où on vous suggère des titres selon vos critères envoyés par courriel, il ne s’agit pas d’un engin de recherche, mais d’un véritable travail de libraire. Les suggestions que j’ai reçues étaient très pertinentes.

D’alleurs Michael Tucker, président de US Books Inc ainsi que de l’association des libraires états-uniens (American Booksellers Association), proposait lors d’un panel, ce même week-end, 10 conseils aux libraires pour prendre part au marché numérique. Les voici en traduction libre avec mes commentaires à la suite :

  1. Conserver la relation avec le client
  2. Créer des communautés
  3. Vendre les livres dans tous les formats, être ainsi indépendant.
  4. Penser commande par correspondance sur Internet
  5. Être proche de ses clients (Promiscuous)
  6. Arrêter de compétitionner avec ses alliers.
  7. Oublier l’impression sur demande et adopter le numérique sur demande.
  8. Fixer des prix justes
  9. Ne pas vendre de liseuse (je déteste ce terme aussi), ce n’est pas votre marché
  10. Prendre le marché numérique de front

via le blogue de Martyn Daniels: Brave New World

Conserver la relation client: Le développement de réseaux sociaux autour du livre sera certainement un enjeu des prochains mois et des prochaines années et devrait représenter un levier important pour la mise en marché du livre sur Internet et sa diffusion, d’autant que le processus d’achat se résume à quelques cliques avec le livre numérique, comme le souligne Clément Laberge. Les sites de lectures sociales s’organisent et vendent déjà certains ouvrages et ont développé des applications.

Créer des communautés : Internet est un marché de créneau (niche) par excellence. Être en mesure de créer une communauté dans un genre littéraire en particulier peut permettre de se positionner favorablement sur ce marché. Les lecteurs ne sont pas exclusifs à un genre, mais une communauté ne crée pas une appartenance importante si elle n’est pas bien définie. Alors qu’un site transactionnel peut rassembler ces communautés, la conversation avec ses communautés doit être ciblé pour être pertinente et obtenir l’assentiment de ses membres.

En bref: On y a discuté de plateformes, de liseuses (eReaders) et du rôle des bibliothèques. Clément Laberge nous rappelle aussi que la technologie n’est tout simplement qu’un moyen mis à notre disposition pour faire rayonner notre culture, la littérature et mettre les gens en relations, et non pas une fin en soi.

Consultez le verbatim des échanges.