Open Bookmarks pour un partage universel des annotations


Open Bookmarks s’est donné comme objectif de déterminer un standard pour le partage de signets. Attention le terme signet est pris ici au sens large et inclut annotation, surlignement, étiquette (tag) notamment, mais également l’identification des lieux et personnages par des codes en microsyntax intégrés au livre, facilitant ainsi la recherche, mais aussi le référencement. Open Bookmarks s’affaire donc à déterminer un protocole pour faciliter les échanges de ces informations qui s’ajoutent au livre et faciliter l’accès à cette base de données. On peut suivre le développement sur le blogue et le wiki.

booktwo.org : Selfish vs Social

La majorité des applications ou des liseuses (ereader) permettent le surlignement, celles qui ne le font pas s’enferment dans une ancienne logique du livre papier et où le livre ne peut réellement être relié au Web. Le partage se fait actuellement au sein même de chacune des plateformes de lecture, même si ces signets peuvent être partagés sur des réseaux sociaux comme Facebook.

Un protocole universel et ouvert est nécessaire pour permettre d’accéder aux signets et de les partager selon ses besoins. D’autant que l’achat et la lecture de livres numériques risque une certaine fragmentation par l’apparition de club de lecture associé à des médias ou à des prix littéraires, à de sites de groupe d’intérêt spécifique. Bref, on ne peut compter seul sur le développement des applications et des liseuses pour rendre accessible les signets, qui je le rappelle fait référence au métacontenu du livre, celui que le lecteur ajoute au livre.

Comme il est impossible aujourd’hui d’accéder aux signets ainsi collectés. Ils doivent donc être basé sur Internet ou dans le nuage informatique, afin d’être disponible via n’importe quelle application de lecture ou via le livre lui-même, et ainsi permettre à celui qui lit Voyage au bout de la nuit sur son Kobo d’accéder aux signets des autres lecteurs de ce livre peu importe son lieu de lecture initiale.

C’est la position de Kobo (ici) et de Google Livres d’être neutre quant aux liseuses (reader neutral) et de transférer la propriété réelle à l’acheteur et de donner accès à ses livres sans contrainte de support ou d’application. Seul Kindle, se comporte en marge avec un format numérique qui lui est propre tout en conservant une partie de votre droit de propriété sur vos livres.

Les signets devront donc être conservé sur un site de lecture sociale indépendant., une base de données dans le nuage ou sur Open Library par exemple. Je ne crois pas que nous ayons l’équivalent en français, mais les bibliothécaires devraient être au cœur d’une telle initiative. On comprend que pour accéder aux données sur le livre, en l’occurrence les signets dans son sens large, le livre numérique doit être connecté à Internet.

Booktwo.org a longtemps piloté un projet de lecture sociale basée sur le partage des signets (toujours au sens large) qui se nommait bkkeepr et qui préfigure Open Bookmarks. On peut consulter les modalités ici et lire sur Get satisfaction les demandes d’amélioration et de résolutions de problèmes.

Bkkeepr est une interface qui permet de relayer les informations sur le choix d’un livre et le déroulement de sa lecture par l’envoi de mise à jour sur Twitter. Les informations sont liées à Librarything, Worldcat et Google books pour la recherche de métadonnées. Kobo a intégré brillamment cette fonction de scrobbling et affiche les statistiques de lecture